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	<title>Palix &#124; illustrations &#124; BD &#124; bandes dessinées &#124; dessins de presse &#187; Matière à dispute</title>
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		<title>La puce à l’oreille, l’eau à la bouche et…</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Apr 2012 14:20:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’écrivain philologue Claude Duneton est mort. De tous ses livres, le plus célèbre, le plus populaire, c’est La puce à l’oreille ; une anthologie maintes fois rééditée, corrigée, augmentée, des expressions imagées. Il y raconte l’histoire de ces expressions, les circonstances de leur naissance. Il décrit leur forme, puis leur déformation parfois… Leur variation, leur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="center"><img src="/images/la-puce-a-l-oreille.jpg" width="591" height="471" alt="La puce &agrave; l'oreille" /></div>
<p></p>
<p>L’écrivain philologue Claude Duneton est mort. De tous ses livres, le plus célèbre, le plus populaire, c’est La puce à l’oreille ; une anthologie maintes fois rééditée, corrigée, augmentée, des expressions imagées. Il y raconte l’histoire de ces expressions, les circonstances de leur naissance. Il décrit leur forme, puis leur déformation parfois… Leur variation, leur glissement de sens…</p>
<p>Si Claude Duneton a pris un bout de l’expression avoir ou mettre la puce à l’oreille pour faire le titre de son livre, c’est parce que celle-ci, justement, montre bien les changements qui peuvent s’opérer… L’expression a eu longtemps, avec le verbe avoir, un sens érotique ; a évoqué le prurit amoureux. Deux vers de La Fontaine l’attestent on ne peut mieux : « Fille qui pense à son amant / Toute la nuit, dit-on, a la puce à l’oreille. » </p>
<p>Puis – surtout avec le verbe mettre – elle a fini par dire autre chose… Quelque chose comme : intriguer, alerter ; provoquer des doutes, du soupçon, du tracas.<br />
Mais, à mon avis, il y a une autre raison qui explique le choix de Claude Duneton… C’est qu’il aimait les puces… Enfin, disons plutôt qu’il n’hésitait pas à en parler, lui. À montrer que, jusqu’à il n’y a pas si longtemps, il y en avait partout, dans toutes les classes… Tout le monde avait des puces.<br />
Voyez sa biographie romancée de Lili Villepreux (1795-1871) : La dame de l’Argonaute, belle histoire d’une belle âme, d’une femme libre. Un destin exceptionnel !&#8230; À un moment donné de son histoire, Lili mène la dure vie de cousette ; elle loge dans un galetas du pauvre Paris. Glacé l’hiver, bien sûr. Mais quand ça va mieux côté température, quand revient le printemps, rappliquent aussi les puces. Des puces féroces et difficiles à chasser, les garces !<br />
Claude Duneton, pour nous donner à voir, à connaître Lili, rend son époque au plus près, au plus vrai. Avec une rigueur extrême. Il y a, en fond, la grande Histoire – la fin de l’Empire, la Restauration… Tout ça fait le décor… Le décor et l’ambiance ; donne le ton. Mais il y a aussi les hommes, les femmes… Avec leurs mots, leurs chansons, leurs façons… Et… Et… leurs puces !<br />
Des puces qui influençaient les mots, les chansons, les façons… Et le maintien de chacun, surtout !<br />
Tenez, prenez Nicolas Sarkozy qui bouge tout le temps, même quand il doit rester sur place… Eh bien, Nicolas Sarkozy, on peut lui reprocher bien des choses : sa morgue, ses fautes de français, sa manière de conduire le char de l’État… n’empêche qu’il mime à la perfection l’individu qui a maille à partir avec son cheptel de puces. Ses puces embarquées. Embedded, comme on dit en franglish. </p>
<p>Mais Claude Duneton est mort… Si la langue est un banquet, alors Claude Duneton nous a drôlement bien ouvert l’appétit. Mis l’eau à la bouche. Et on va banqueter, continuer… Mais avec une larme à l’œil…</p>
<p>Par <strong>Zapf DINGBATS</strong></p>
<p><strong>Illustration : Palix</strong><br />
<strong>Paru dans L’avenir de Luxembourg | Actu24 </strong></p>
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		<title>Tristesse</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Apr 2010 08:55:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Alfred de Musset]]></category>
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		<description><![CDATA[C’était la grande, la belle affaire des romantiques, la tristesse ; leur disposition de prédilection, l’état qu’ils préféraient. Alfred de Musset en fit sa spécialité, son fonds de commerce, pas très rentable, mais peu importe !&#8230; Il laisse une œuvre qui nous remue encore. Une œuvre où il a mis beaucoup de lui. Souvenez-vous, dans « On ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="center"><img src="/images/tristesse.jpg" alt="tristesse | illustrations | bd | Palix" width="591" height="512" /></div>
<p><br/><br />
C’était la grande, la belle affaire des romantiques, la <strong>tristesse</strong> ; leur disposition de prédilection, l’état qu’ils préféraient. </p>
<p>Alfred de Musset en fit sa spécialité, son fonds de commerce, pas très rentable, mais peu importe !&#8230; Il laisse une œuvre qui nous remue encore. Une œuvre où il a mis beaucoup de lui. Souvenez-vous, dans « On ne badine pas avec l’amour », de la belle leçon que Perdican donne à Camille au moment de leurs adieux (je ne vous redis que la fin parce que ça prendrait trop de place…) : « J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelques fois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. »</p>
<p>Voilà ! si je vous parle de la tristesse aujourd’hui, en appelant Musset à la rescousse, c’est parce qu’il me semble que c’est le mot, c’est la chose qui, pour l’heure, caractérisent le mieux la Belgique. La Belgique est triste. Triste d’elle-même. Pauvre Belgique !<br />
Et alors à cause de cette tristesse ambiante, je me suis souvenu d’une très belle expression qui veut dire qu’on est triste, une expression un peu oubliée aujourd’hui et qui vient de la politique, de l’histoire, l’histoire de France… Quand quelqu’un, donc, avait du vague à l’âme, ou broyait du noir, était triste quoi ! on disait aussi de lui : il pense à la mort de Louis XVI.<br />
Que vient faire Louis XVI ici ? Pourquoi Louis XVI et sa mort sont-ils devenus, dans une expression, synonymes de tristesse ?<br />
Parce que la France a trouvé, après coup, que sa fameuse Révolution de 1789 avait été un peu brutale quand même, par moment. Il y avait eu des débordements, quelques excès. Des exécutions pour le moins sommaires… Il avait fallu que ça saignât ! Et ça avait saigné. Beaucoup. Et Louis XVI fit donc les frais de cette lourde opération.  Après un procès plutôt mauvais et sans trop de forme.<br />
S’ensuivit un sentiment de honte, une espèce de remords collectif. Diffus. Et c’est de là qu’est née l’expression : penser à la mort de Louis XVI. </p>
<p>Lui, Louis XVI fut très digne face à la mort. Et l’histoire retient  qu’au moment de monter sur l’échafaud, il s’enquit de La Pérouse, parti pour une expédition de découverte autour du monde depuis des années.  Passionné de géographie, Louis XVI avait voulu cette expédition. Et il aimait ce La Pérouse. Aussi, avant de mourir, au moment de monter sur l’échafaud, Louis XVI ne pensait pas à Louis XVI, ne pensait pas à sa propre mort, il pensait à La Pérouse. « A-t-on des nouvelles de Monsieur de La Pérouse ? », demanda-t-il.<br />
Mais il faut déjà conclure, et… avoir rappelé le sort que la France en crise fit à son roi juste quand la Belgique est, elle-même, dans une passe difficile, ce n’était peut-être pas une bonne idée. Enfin voilà, c’est dit. Et voilà ce que je vais dire pour me tirer d’affaire : la France, sa solution hâtive, radicale, elle l’a regrettée. Ça se voit, ça s’est marqué jusque dans sa langue…<br />
Alors pas de précipitation. Réfléchissons. Réfléchissons bien !</p>
<p>Par <strong>Zapf DINGBATS</strong></p>
<p><strong>Illustration : Palix</strong><br />
<strong>Paru dans L’avenir de Luxembourg | Actu24 </strong></p>
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		<title>Il faut être absolument moderne</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Apr 2010 07:01:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rimbaud l’a dit. Et alors si Rimbaud l’a dit, hein ! ça ne se discute pas. Ça ne souffre pas la moindre contestation. Pas la plus petite réserve. Le poète a toujours raison, mais… mais d’abord il y a poète et poète ; et Rimbaud, lui, c’est le poète des poètes. C’est le – lisez tout haut [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="center"><img src="/images/il-faut-etre-absolument-moderne-illustration-palix.jpg" width="591" height="512" alt="Il faut être absolument moderne | illustrations | bd | Palix" /></div>
<p><br/><br />
Rimbaud l’a dit. Et alors si Rimbaud l’a dit, hein ! ça ne se discute pas. Ça ne souffre pas la moindre contestation. Pas la plus petite réserve.<br />
Le poète a toujours raison, mais… mais d’abord il y a poète et poète ; et Rimbaud, lui, c’est le poète des poètes. C’est le – lisez tout haut – Pémajusculeoète. (« Qui dit Rimbaud dit la poésie même », dit même de lui Alexandre Vialatte.)<br />
Donc Arthur Rimbaud a forcément toujours raison. Mais, lui, il a raison plus que de raison.<br />
Et moi alors, quand je veux me laisser aller à l’une ou l’autre tentation de la modernité, je me répète ce que disait l’oracle ; sa formule sacrée : « <strong>Il faut être absolument moderne</strong> » ; et hop ! je saute et je tombe à pieds joints dans le panneau.<br />
Ah Rimbaud, Rimbaud ! que de bêtises ne commet-on pas en ton nom ?<br />
Ainsi, dernièrement, sous le couvert de la modernité, je suis devenu Facebook. Adepte. Usager. Pratiquant de la chose. Accroc… ? Peut-être pas ? Pas encore, mais je trouve que ladite chose – étrange chose ! – a du bon. Elle m’agace parfois, au plus haut point, mais j’y ai pris goût. J’aime ce drôle d’observatoire où tout le monde présent est à la fois regardeur et regardant ; cette drôle de tribune où l’on s’exprime sans vraiment savoir à qui l’on parle, ou s’il y a même quelqu’un dans la salle… Et est-ce qu’il y a une salle, seulement ?<br />
Mystère ! Mystère quant à la salle, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a des murs. Il y en a plein. Chacun a le sien. Et le mur, sur Facebook, parle. Il est même fait pour ça. C’est sa vocation. Le mur facebookien est un lieu d’accueil, d’échange, de partage. Comme une table ouverte, où chacun, chaque commensal apporte son écot. Alors est-ce que Facebook va changer la connotation, la compréhension, la charge symbolique du mot mur ?<br />
On verra ! Le mur, c’est – c’était ? – la marque de la méfiance, de la défiance, même de l’hostilité. Du refus, de la séparation de l’autre. Ou de son rejet, carrément. On ne veut plus tel individu, il a failli aux règles de la société ; alors on le jette, on l’enferme en prison.<br />
Le mur, c’est ce que l’homme a imaginé, a construit pour isoler les hommes entre eux. Et le contraire du mur, c’est le pont. Le pont qui, lui, relie ; franchit les obstacles naturels qui séparent les hommes. Qui éloigne les hommes des hommes.<br />
Isaac Newton disait : « Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts. »<br />
Enfin Facebook vint. Et il inventa des murs qui sont comme des ponts.<br />
C’est bien beau mais… je reviens à ma préoccupation première : que va devenir le mot mur, dans tout ça ? Facebook, c’est étonnant, est en train de changer le sens des mots. De certains mots. Le mot mur va sans doute s’adoucir.<br />
Quant au mot ami… N’en parlons pas. Le pauvre !… Lui, il fait pitié. Il est ruiné.</p>
<p>Par <strong>Zapf DINGBATS</strong></p>
<p><strong>Illustration</strong> : <strong>Palix</strong><br />
Paru dans <strong>L’avenir de Luxembourg</strong> | <strong>Actu24 </strong></p>
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		<title>Il y a…</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Apr 2010 08:25:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je ne sais pas vous mais, moi, quand j’étais petit, je n’étais pas grand et, à l’école de ce temps-là, il y avait des choses qui ont, aujourd’hui, disparu. La récitation, par exemple… (La récitation, je le dis pour celles et ceux qui sont nés de la dernière pluie, c’était un poème, une poésie qu’on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="center"><img src="/images/il-y-a-illustration-palix.jpg" width="591" height="512" alt="Il y a... | illustrations | bd | Palix" /></div>
<p><br/><br />
Je ne sais pas vous mais, moi, quand j’étais petit, je n’étais pas grand et, à l’école de ce temps-là, il y avait des choses qui ont, aujourd’hui, disparu. La récitation, par exemple… (La récitation, je le dis pour celles et ceux qui sont nés de la dernière pluie, c’était un poème, une poésie qu’on devait apprendre par cœur et…et réciter, ma foi ! En y mettant le ton.  En marquant itou la mesure, le rythme du vers et, au bout de chacun, le bijou d’un sou, ou de deux, ou de quatre ! : la rime. Il fallait faire en sorte que ça sonne, ça résonne. Juste. Il fallait faire entendre le sens mais aussi le son. Les deux étroitement mêlés. La récitation faisait travaille notre mémoire, notre intelligence, mais aussi notre oreille. Et notre voix. )<br />
Et il y avait par ailleurs cet autre exercice – d’écriture, celui-là –  qui s’appelait la rédaction.  Sur un sujet donné, il fallait faire des phrases. Des phrases bien tournées, bien tenues. Correctes. Et qui, mises bout à bout, devaient raconter une histoire. (Avec un commencement, un développement et une fin.) Ou décrire une scène, un paysage…. Et là, il y avait des règles bien précises à respecter, des embûches à éviter. On parlait de fautes… Il y avait celles à ne pas commettre, carrément ; et les fautes de goût, à éviter.</p>
<p>Le verbe faire, par exemple. Lui, c’était la bête noire… Trop facile, trop banal. Il fallait le fuir comme la peste, celui-là. Quand il nous venait sous la plume, vite en chercher, en trouver un autre…</p>
<p>Sur le coup, je n’ai trop récalcitré ; je me suis plié à l’exercice. Mais bien des années après, j’ai découvert un livre qui m’a fait regretter ma docilité. Un livre écrit par Émile Littré, l’auteur du fameux dictionnaire, oui. De ce dictionnaire tellement beau, tellement riche, tellement important que d’aucuns le considèrent comme une œuvre majeure de notre littérature. Eh bien, ce livre où Émile Littré nous narre l’aventure de sa vie : son dictionnaire ; où il nous explique dans le détail sa méthode de travail, quel titre porte-t-il ? Un titre tout simple, très clair : « Comment j’ai fait mon dictionnaire ? »<br />
Émile Littré, donc, qui connaissait mieux que personne, le lexique, sa vastité, sa variété, ses subtilités, employait, lui, le verbe faire. Pour dire l’essentiel. Pour raconter sa vie, son œuvre ; l’œuvre de sa vie.</p>
<p>On voit bien par là que la meilleure façon de dire qu’il pleut, c’est de dire : « Il pleut. »<br />
Et alors il y avait aussi, parmi les mal-aimés, le présentatif il y a&#8230;<br />
Là encore, force est de constater qu’il y a bien des fois où le tour il y a a bien des charmes. Rimbaud s’en sert sept fois dans le poème « Enfance », qui se trouve dans les « Illuminations ». Et c’est une merveille ! Vanessa Paradis, elle, le dit dix fois dans sa dernière chanson intitulée justement « Il y a ». Et ce n’est pas mal non plus. Et il est encore très présent – avec une grande force ! – dans le poème « Printemps » de Paul Éluard. (Qui se termine par ce si beau vers : « Notre printemps est un printemps qui a raison. »)</p>
<p>Par <strong>Zapf DINGBATS</strong></p>
<p><strong>Illustration</strong> : <strong>Palix</strong><br />
Paru dans <strong>L’avenir de Luxembourg</strong> | <strong>Actu24 </strong></p>
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		<title>Le grand chosier</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Mar 2010 10:04:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chosier, voilà un mot tout simple ; un mot de la même famille que… – ça se voit comme le nez au milieu de la figure – que le mot chose. Et ce mot de chosier existe depuis déjà cinq siècles ; il a été inventé par Rabelais. Mais, bizarrement, il n’a pas fait carrière. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="center"><img src="/images/le-grand-chosier-illustrations-palix.jpg" width="591" height="512" alt="Le grand chosier | illustrations | bd | Palix" /></div>
<p><br/><br />
<strong>Chosier</strong>, voilà un mot tout simple ; un mot de la même famille que… – ça se voit comme le nez au milieu de la figure – que le mot chose. Et ce mot de chosier existe depuis déjà cinq siècles ; il a été inventé par Rabelais. Mais, bizarrement, il n’a pas fait carrière. Personne ne s’y est intéressé. Ne s’en est saisi, ne l’a repris. Personne n’en a fait usage, n’en a fait… sa chose. (Et cet emploi unique d’un mot, cette bizarrerie, cette curiosité de la langue – profitons-en pour le signaler –, c’est ce qu’on appelle un hapax. Lequel hapax, soit dit en passant, ne doit pas trop se faire remarquer, faire parler de lui, sinon il perd, par le fait, son statut d’hapax.)<br />
Rabelais employa ce mot de chosier dans son « Gargantua », un livre de pédagogie. Gargantua est le père de Pantagruel. Il apprend la vie à son fils ; l’humanisme ! Qui gagne alors l’Europe. Toutes les places d’Europe où souffle l’esprit. Gargantua dit à son fils que, lui, son père, il ne peut lui donner qu’un aperçu du monde, du vaste monde. Parce qu’il est inépuisable, notre monde (et ses environs) ; il recèle bien des trésors, bien des mystères, bien des surprises… Bien des choses, somme toute ! Et il change en plus ; il est toujours en transformation, en construction… Toujours en mouvement. Toujours recommencé.<br />
 Alors, pour résumer sa leçon, à la fois de modestie et d’ouverture, Gargantua a cette formule : « Il y a bien des choses en un chosier. »<br />
Ainsi le monde, le vaste monde, c’est le grand chosier.  Dont on ne rendra jamais un compte parfait, total, définitif. Dont on ne finira jamais de rendre compte.<br />
Et moi, si je vous ai raconté en bref l’histoire du mot chosier, c’est d’abord parce que je trouve que c’est une belle histoire ; ensuite parce que je trouve que ce mot devrait revenir sur le marché de l’emploi.  Et j’ai pensé qu’il pourrait servir – entre autres choses ! –  à désigner ce machin qui est brusquement arrivé dans nos vies et qui s’est installé partout en l’espace de deux décennies, à peine : le réseau mondial des réseaux télématiques, le réseau des réseaux, l’internet.<br />
Avez-vous remarqué qu’un des noms qui est le plus souvent utilisé, maintenant, pour désigner cette invention à la fois du feu de dieu et de tous les diables, cette invention capable de nous servir l’univers à domicile, c’est un vieux mot, un mot qui a déjà beaucoup servi, et qui a encore et toujours beaucoup de sens… C’est le mot toile.<br />
Eh bien, on pourrait dire aussi : chosier, pourquoi pas ? Il me semble, moi, que ça lui va vraiment bien : chosier, ou plutôt grand chosier… Manière d’espèce d’immense conteneur contenant bien des choses. Tous les savoirs ! Tous les savoirs et… tout le reste, ma foi.<br />
Et si le mot chosier réussit son retour, reprend vie, s’il se taille une place comme synonyme de web, ou internet, ou toile, sûr qu’il prendra vite aussi un sens figuré ! Allez alors, redonnons-lui sa chance, à ce beau mot de chosier !</p>
<p>Par <strong>Zapf DINGBATS</strong></p>
<p><strong>Illustration</strong> : <strong>Palix</strong><br />
Paru dans <strong>L’avenir de Luxembourg</strong> | <strong>Actu24 </strong></p>
<g:plusone href="/le-grand-chosier/"  size="standard"   annotation="none"  ></g:plusone><div class='wpfblike' ><fb:like href='/le-grand-chosier/' layout='default' show_faces='true' width='400' action='like' colorscheme='light' send='false' /></div>]]></content:encoded>
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		<title>Du charme qui n’est pas de bois</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 10:19:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Et il y a aussi le charme – ou plutôt les charmes – qui ne laissent pas de bois. Les parties du corps féminin qui attirent, qui engagent, qui piquent le désir… Mais… Mais restons-en là, si vous le voulez bien : nous sommes ici dans un journal sérieux, honnête, séant ; pas un magazine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="center"><img src="/images/du-charme-qui-n-est-pas-du-bois-illustrations-palix.jpg" width="591" height="512" alt="Du charme qui n'est pas du bois | illustrations | Palix" /></div>
<p><br/></p>
<p>Et il y a aussi le <strong>charme</strong> – ou plutôt les charmes – qui ne laissent pas de <strong>bois</strong>. Les parties du corps féminin qui attirent, qui engagent, qui piquent le désir… Mais… Mais restons-en là, si vous le voulez bien : nous sommes ici dans un journal sérieux, honnête, séant ; pas un magazine olé olé, un magazine appelé justement – quand il ne dépasse pas trop les bornes –  magazine de charme !<br />
(Ces charmes-là, soit dit en passant, ne se sont longtemps appliquées qu’aux femmes. Et c’est Racine qui, le premier, a prêté des charmes à un homme ; le nommé Bajazet, héros de la pièce éponyme. )<br />
Non, le charme dont je veux vous entretenir aujourd’hui, c’est le charme qui relève de l’art magique, c’est le charme qui est tantôt l’effet, tantôt la cause d’une transformation extraordinaire ; d’un changement de l’ordre naturel des choses.<br />
C’est une force, bénéfique quand elle modifie, quand elle annihile, par exemple, le comportement dangereux de tel ou tel animal. On parle du charmeur de serpent… Et le verbe charmer se retrouve dans les expressions comportant des animaux. Des expressions oubliées parce que la vie, les mœurs ont changé. Charmer les puces, tenez ! Le temps des puces est passé. On le disait d’un individu qui s’était tellement enivré qu’il ne semblait plus démangé par elles, par leurs piqûres. (On a évidemment oublié à quel point les puces occupaient, perturbaient la vie de nos aïeux. Elles influençaient leurs gestes, leur comportement.)  Il y avait aussi charmer la volaille. Ça, c’était le truc des romanichels, des camps-volants, des… des voleurs de poule, ma foi ! Ils avaient le don de s’en saisir sans les effaroucher, les faire piailler.<br />
Le charme, c’était donc ce pouvoir possédé par d’aucuns, et qui pouvait modifier les penchants naturels de tel ou tel animal. Ou même d’un humain ! Ou d’une humaine. Puis, par analogie, il a fini par désigner les attraits, les appas des femmes. Ou des hommes !<br />
Et c’est ce charme synonyme de force, de puissance, qu’on retrouve dans l’expression se porter comme un charme. Mais l’arbre du même nom a aussi belle allure quand il est en haute futaie. Si bien qu’on en est venu à penser à lui quand on dit l’expression.<br />
Et quelle forme alors prend le charme quand c’est un pouvoir magique ? Ah ça, ça dépend&#8230; C’est tantôt un objet, tantôt un geste ou une parole. Ou les deux. Ou les trois à la fois ! Et quand c’est une parole, c’est une parole un peu particulière évidemment. Une parole incantatoire, où les mots résonnent, se retournent, sont sans queue ni tête… Comme abracadabra ! Une parole où les mots se renvoient les uns aux autres, riment !  Ou se retrouvent les uns dans les autres. Et, du coup, on prête aux mots anagrammiques, aux mots formés par des lettres pouvant former d’autres mots, des vertus magiques.<br />
Et Marche, Marche qui est ville des mots, est un mot anagrammique. Et de quel mot Marche est l’anagramme ? Du mot charme.<br />
Extraordinaire, non ?</p>
<p>Par <strong>Zapf DINGBATS</strong></p>
<p><strong>Illustration</strong> : <strong>Palix</strong><br />
Paru dans <strong>L’avenir de Luxembourg</strong> | <strong>Actu24 </strong></p>
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		<title>Ça marche ! &#124; Paru dans L’avenir de Luxembourg &#124; Actu24</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 10:12:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Eh bien, si c’est ça, profitons-en, alors ! Profitons que c’est Marche qui a, cette fois, le titre de « Ville des mots » en Wallonie pour faire un peu le point sur cette locution toute simple, toute courte, qu’est la locution ça marche. Elle est mal aimée. Elle est même souvent condamnée, considérée comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="center"><img src="/images/ca-marche-illustrations-palix.jpg" width="591" height="512" alt="Ca Marche | illustrations | Palix" /></div>
<p><br/><br />
Eh bien, si c’est ça, profitons-en, alors ! Profitons que c’est Marche qui a, cette fois, le titre de « Ville des mots » en Wallonie pour faire un peu le point sur cette locution toute simple, toute courte, qu’est la locution ça marche. Elle est mal aimée. Elle est même souvent condamnée, considérée comme fautive. Certains préfèrent dire, quand on parle d’une machine, d’un moteur, d’une installation ou d’un instrument : ça fonctionne. D’aucuns poussent même le zèle jusqu’à dire cela… Cela fonctionne.<br />
Je ne sais pas vous mais moi ça m’agace un peu, cet excès de zèle ; ça m’énerve surtout quand je demande, par exemple, à ma banquière, à propos de telle opération qu’elle fait à distance : « <strong>Alors, ça marche</strong> ? » et qu’elle me répond, avec une vois pincée : « Cela fonctionne, oui. »<br />
Marcher ne veut pas seulement dire : aller d’un pied sur l’autre sans jamais quitter le sol. Le verbe marcher compte vingt-six entrées dans le Littré, pas moins ! Vingt-six sens. Vingt-six nuances de sens. Et – c’est le moment de le constater – il y a, entre autres, un marcher en termes de danse, un marcher en termes d’escrime, un marcher en termes de manège, un marcher en termes de marine, un marcher en termes de vénerie, un marcher en termes de musique&#8230; Et il y a un marcher qui est synonyme de fonctionner en parlant d’un mécanisme, d’un dispositif quelconque. Un mécanisme qui peut être fixe, évidemment : l’horloge murale, par exemple. Ou la chaîne hi-fi. Qui, il n’y a quand même pas si longtemps, portait encore à l’endroit de la mise en… route ! les mentions Marche et Arrêt.<br />
De même qu’on peut bouger sans marcher, on peut marcher sans bouger. Et il n’est pas besoin, pour marcher, d’avoir des jambes et des pieds. Marcher, c’est se mouvoir, c’est changer de place … « Les rivières sont des chemins qui marchent », a dit Pascal. « Et qui portent où l’on veut aller. »<br />
Marcher, c’est procéder, c’est prospérer, c’est progresser. En bien ou en mal. « Le monde, avec lenteur, marche vers la sagesse », dit Voltaire. « Cet État marche à sa ruine », dit un autre. Et un autre encore : « C’est une affaire qui marche. » Et Proudhon enfin : « Tout marche, tout a toujours marché, tout marchera éternellement. »<br />
Au XVIIe, marcher était encore une forme emphatique du verbe être. On le voit chez Boileau ou chez Racine. Et il reprend à peu près ce sens-là dans l’argot de papa ; il est l’équivalent d’en être : « Alors Paulo, qu’est-ce tu dis de ma combine ?  Tu marches ? »<br />
Pour finir, revenons à ce marcher qui signifie : occuper un rang, une place déterminée. « La philosophie marche la première dans l’ordre des connaissances. » Et Marche aussi !&#8230; Marche, la ville de Marche, marche la première dans cette semaine où la langue française est en fête.<br />
Marche est en tête. Marche mène la danse. Celle des mots. Allez alors, allons-y Alonzo. Allons tous au bal.  </p>
<p>Par <strong>Zapf DINGBATS</strong></p>
<p><strong>Illustration</strong> : <strong>Palix</strong><br />
Paru dans <strong>L’avenir de Luxembourg</strong> | <strong>Actu24 </strong></p>
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		<title>Coaltar et coaltarer &#124; Paru dans L’avenir de Luxembourg &#124; Actu24</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 09:32:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Revenons un peu sur le coaltar. Parce que, après en avoir parlé la semaine dernière, j’en ai appris une bien bonne à son sujet. Enfin, au sujet de sa famille… Car le coaltar a de la famille, oui… Une petite… Moi, je vous ai montré le mot à l’œuvre, en situation, dans l’expression être dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="center"><img src="/images/coaltar-et-coaltarer-illustrations-palix.jpg" width="591" height="512" alt="Coaltar et coaltarer | illustrations Palix" /></div>
<p><br/><br />
Revenons un peu sur le <strong>coaltar</strong>. Parce que, après en avoir parlé la semaine dernière, j’en ai appris une bien bonne à son sujet. Enfin, au sujet de sa famille… Car le coaltar a de la famille, oui… Une petite…<br />
Moi, je vous ai montré le mot à l’œuvre, en situation, dans l’expression  être dans le coaltar, expression imagée signifiant : être dans l’embarras, être hébété. Être empêtré de soi-même, en soi-même ; comme si un goudron lourd, épais, visqueux – le coaltar, littéralement « goudron de houille » – nous enveloppait, nous couvrait. L’expression est d’autant plus forte, saisissante, efficace que le coaltar est noir. Et on a vu qu’elle avait d’ailleurs pour synonyme être dans le schwartz. Coaltar emprunte à l’anglais ; schwartz, à l’allemand. (On voit par là que la langue, elle, ne s’embarrasse pas des frontières.)<br />
Et une lectrice bien intentionnée m’a appris l’existence du verbe <strong>coaltarer</strong>, un verbe qui survit en Nouvelle-Calédonie dans l’expression se faire coaltarer (par les gendarmes). Expression qui signifie, vous l’aurez compris : se faire arrêter et verbaliser. Se voir infliger une amende, pour défaut de conduite, pour avoir contrevenu au code, à telle ou telle obligation.<br />
Coaltarer, c’était au sens propre, si j’ose dire, enduire de coaltar quelque matériau pour le conserver. On l’utilisait, évidemment, beaucoup en construction marine, pour prévenir la pourriture des bois. Et comme il y avait toujours du coaltar de réserve sur les bateaux, pour les interventions d’urgence, les réparations à faire en cours de route, les hommes d’équipage qui ne sont pas des anges, qui peuvent être cruels – on le voit aussi bien dans « L’Albatros » de Baudelaire que dans la comptine « Il était un petit navire » – les hommes d’équipage, donc, en firent un instrument de supplice.<br />
Le matelot qui avait failli était puni sur le champ. Et la punition, c’était l’enduction de coaltar. (Enfin, c’était une des punitions !… Parce que, dès qu’il s’agit de châtier, d’humilier son prochain, l’homme non seulement a vite fait de trouver un prétexte, mais il n’est jamais non plus à cours d’imagination…)<br />
Coaltarer a donc pris le sens de punir, d’infamer, de déshonnorer. Coaltarer, c’était en somme faire subir le supplice du goudron et des plumes si cher   aux « Lucky Luke » de Morris et Goscinny – mais sans les plumes !<br />
Et pourquoi alors le mot a-t-il survécu en Nouvelle-Calédonie ? Pour une raison historique. Durant le Deuxième Guerre mondiale, la Nouvelle-Calédonie a servi de base arrière à l’armé américaine, dans la bataille du Pacifique. De porte-avions… Mais il a fallu aménager en hâte des pistes. Goudronner. Eux l’ont dit avec leur mot. Et coaltar et coaltarer sont restés.<br />
Mais pourquoi est-il resté au-delà de son sens concret ? A-t-il repris le sens de punir, d’être puni dans l’expression se faire coaltarer par les gendarmes. Et même – je l’ai découvert dans le « Dictionnaire historique des argots français » de  Gaston Esnault, là-bas il signifie aussi, plus modérément : rabrouer.<br />
Est-ce parce que l’île a connu bien des gens de mers ? Et a servi de lieu de déportation, de bannissement aux condamnés de la Commune de Paris ?</p>
<p>Par <strong>Zapf DINGBATS</strong></p>
<p><strong>Illustration</strong> : <strong>Palix</strong><br />
Paru dans <strong>L’avenir de Luxembourg</strong> | <strong>Actu24 </strong></p>
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		<title>Encore la nuit dans le visage… &#124; Paru dans L’avenir de Luxembourg &#124; Actu24</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 09:22:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[exaltation]]></category>
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		<description><![CDATA[Voilà quelques mots, une belle suite de mots ! tirée d’une interview de Florence Aubenas. C’était à la radio&#8230; Elle parlait de son reportage sur la pauvreté d’aujourd’hui ; sur la vie des travailleurs – et surtout des travailleuses – précaires. Une enquête qu’elle a menée en adoptant exactement leur condition. En se logeant littéralement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="center"><img src="/images/encore-la-nuit-dans-le-visage-illustrations-palix.jpg" width="591" height="512" alt="Encore la nuit dans le visage | illustrations Palix " /></div>
<p><br/><br />
Voilà quelques mots, une belle suite de mots ! tirée d’une interview de Florence Aubenas. C’était à la radio&#8230; Elle parlait de son reportage sur la pauvreté d’aujourd’hui ; sur la vie des travailleurs – et surtout des travailleuses – précaires.  Une enquête qu’elle a menée en adoptant exactement leur condition. En se logeant littéralement à la même enseigne que ces femmes appelées techniciennes de surface.  Elle parlait de ce monde noir, inconnu, invisible… Elle en parlait avec fougue, avec feu. Avec exaltation. Avec la passion et l’empathie qui la caractérisent. Et elle riait même, parfois. Parce que Florence Aubenas, elle, elle sait rendre un compte parfait, juste, d’expériences douloureuses, tragiques, sans jamais rien exagérer, sans jamais surtout tomber dans le pathos.<br />
Elle racontait ce moment où, à la boîte – la société de nettoyage –,  elle retrouvait ses collègues de galère&#8230; Très très tôt, parce que ce travail-là doit être fait avant les heures de bureau. Et elle disait ceci : « On a toutes les traits du petit matin… <strong>Encore la nuit dans le visage.</strong> »<br />
Encore la nuit dans le visage, tout est dit, là. À la fois simplement et superbement. Tout l’entretien était fort, était poignant. Mais il y a surtout eu cette petite phrase qui m’a marqué. Je me suis dit qu’il ne fallait pas la laisser passer, il ne fallait pas la laisser se perdre. Je me suis dit qu’il fallait la relever…<br />
Parce la langue – et nous avec elle – nous avons été très inventifs, ces derniers temps, pour décrire en image l’état où nous sommes parfois,  au petit matin&#8230; Mal réveillé, mal reposé, ou mal remis d’excès divers…<br />
D’abord, on a dit : être dans le coaltar, ou dans le cirage, ou le schwartz (qui est le noir en allemand, mais qui fait plus noir que noir, qui fait plus noir en allemand). Puis est venu le gaz. Puis on a dit avoir la tête dans le pâté. Puis on a renchéri, on a trouvé encore mieux, on a trouvé une image tout en délicatesse, d’une finesse rare : avoir la tête dans le cul.<br />
Et celle-là, très vite, s’est répandue. Tout de suite, on lui a fait un succès. Oui, l’expression toute faite a ceci d’intéressant, de désinhibant, pour le locuteur, qu’elle est un peu comme une citation : on dit quelque chose de convenu. Quelque chose qui est validé par l’usage. (Qui l’est d’autant plus qu’on répète cette chose : c’est un cercle vicieux.) Et puis cette image avoir la tête dans le cul est tellement drôle ! Tenez, on dirait que c’est du Jean-Marie Bigard dans le texte ! Lui qui explique toujours, pour sa défense, qu’il ne faut pas confondre la grossièreté – qu’il pratique et qui est bien – et la vulgarité qui est mal.  (Je ne sais pas vous mais, moi, je n’ai jamais rien compris à son explication. D’ailleurs, il ne donne jamais d’explication : il décrète, point !)<br />
Enfin voilà, moi en entendant Florence Aubenas, j’ai pensé, par contraste, à cette image à la Jean-Marie Bigard…<br />
Encore la nuit dans le visage est moins rigolo, certes, mais autrement plus digne, je trouve.</p>
<p>Par <strong>Zapf DINGBATS</strong></p>
<p><strong>Illustration</strong> : <strong>Palix</strong><br />
Paru dans <strong>L’avenir de Luxembourg</strong> | <strong>Actu24 </strong></p>
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		<title>La Ferme Célébrités : asyndète ou asyndéton &#124; Paru dans L’avenir de Luxembourg &#124; Actu24</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 09:07:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît », dit Fernand Naudin, un des Tontons flingueurs du film d’Audiard. Et TF1, qui n’avait pourtant plus rien à prouver en cette matière qu’est la connerie, TF1 qui a les palmes, qui tient le pompon, TF1 a programmé pour la troisième fois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="center"><img src="/images/la-ferme-celebrites.jpg" width="591" height="512" alt="La ferme Célébrités | TF1 | illustration | Palix" /></div>
<p><br/><br />
« Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît », dit Fernand Naudin, un des Tontons flingueurs du film d’Audiard. Et TF1, qui n’avait pourtant plus rien à prouver en cette matière qu’est la connerie, TF1 qui a les palmes, qui tient le pompon, TF1 a programmé pour la troisième fois <strong>La Ferme Célébrités</strong>. Non mais quelle misère ! Quelle honte !&#8230; Et le comble c’est que, cette fois, <strong>TF1</strong> a même osé aller poser sa bouse en Afrique.<br />
En 2007, le président Sarkozy, lui, a eu le culot de dire à la jeunesse estudiantine de Dakar : « L’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire.  Jamais il ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. » Il a dit ça, oui, texto ! Et l’homme européen, alors, l’éclaireur de l’humanité, quand donc va-t-il s’arrêter de prendre le pays des autres pour une plaine de jeux ; des jeux imbéciles, blessants, insultants ?<br />
Enfin, outre que le principe, l’existence même de cette émission sont condamnables, il y aussi un truc qui me chipote, moi, dans cette momerie grotesque… Et ce, depuis le début…Ce truc, c’est le titre.<br />
Pourquoi donc, à l’endroit si important du titre, les géniaux concepteurs de l’émission ont-ils choisi de recourir à cette construction, cette figure de style appelée asyndète ou asyndéton ?   L’asyndète, ou asyndéton, c’est quand deux mots sont juxtaposés de façon brute : émission culte, chanteuse tendance, promotion canapé, espace fumeur, espace coiffure ; et, dans la série des espaces ceci ou cela – une des plus fécondes ! –, j’ai même repéré un espace onglerie… Oui, Mesdames et Messieurs, comme il y a des Fermes Célébrités, il y a des espaces onglerie. Si ! Ah ça c’est sûr, un mot comme onglerie, ça vous pose un espace… Comme une émission de TF1 vous pose, vous propose une réflexion…<br />
Ici, dans la Ferme Célébrités, rien n’indique la nature du rapport étroit, immédiat qu’il y a entre le mot ferme et le mot célébrités. Mais on s’en doute, évidemment ; le mot retiré, c’est l’article défini : des. Qui est la contraction de de les. Et la préposition de marque l’origine, l’appartenance.<br />
Je suppose qu’ils ont fait ce choix parce que c’est à la mode, cette construction, ce procédé rhétorique… On rogne les mots, on rogne les phrases… Au lecteur, à l’auditeur ensuite de remettre mentalement la pièce qui manque, de rétablir l’ordonnance logique.<br />
J’ai pensé aussi que c’était pour mieux installer, imposer le – comme ils disent – concept. Leur concept ! Car la télé use – consomme – de la rhétorique, mais aussi de la philosophie.<br />
Je me souviens que les philosophes Foucault et Deleuze, il y a une bonne vingtaine d’années, avaient pesté contre le sort qu’on faisait au mot, à la notion de concept.<br />
Foucault et Deleuze sont morts. Ils ont bien fait… Les pauvres, s’ils voyaient à quel point les Lumières ont progressé !…</p>
<p>Par <strong>Zapf DINGBATS</strong></p>
<p><strong>Illustration</strong> : <strong>Palix</strong><br />
Paru dans <strong>L’avenir de Luxembourg</strong> | <strong>Actu24 </strong></p>
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